Une maladie banale, des reins qui ne fonctionnent plus, cinq ans de galère. Puis une greffe, enfin, et une vie qui reprend son cours. C'est l'histoire d'Anaïs, une Montpelliéraine de 27 ans.
''Ma maladie a surgi très brutalement à l'âge de 16 ans, suite à une simple rhinopharyngite. Je me suis retrouvée dans un état comateux, je suis restée un mois aux soins intensifs de l'hôpital Lapeyronie, alors que je n'avais jamais eu de problèmes de santé auparavant....
Les médecins ne m'ont pas donné de faux espoirs : je souffrais d'une insuffisance rénale chronique. C'était irréversible, et mon seul ''médicament'' reposait sur une greffe. Tout d'abord, j'ai refusé : je ne voulais pas quelque chose de quelqu'un d'autre en moi. Mais tous les deux jours, je devais me faire dialyser pendant 4 heures. Ca a duré cinq ans... C'était contraignant et aussi crevant que du sport intensif. De plus, je devais boire le minimum, je ne pouvais pas manger de chocolat, ni certains autres aliments, ni partir en vacances, à cause de la dyalise.... Et je n'urinais plus.
On m'a inscrite sur la liste d'attente des demandeurs d'organes début 1993. Les années passaient, je me demandais si on m'avait oubliée, j'avais des doutes, je languissais d'avoir un appel....
Et puis, on m'a téléphoné pour me dire qu'il y avait un greffon pour moi. je m'en souviens. J'étais seule, c'était un mardi, à 09h48. On m'a donc greffé un rein , j'en ai trois aujourd'hui car les miens, qui ne fonctionnent plus, sont toujours en place. Mon premier pipi après l'opération, j'en ai pleuré de joie!
Je me suis posée beaucoup de questions sur le donneur : qui était-il? Un homme ou une femme? De quel âge? Décédé dans quelles circonstances? Au débuit, on pense tout le temps à lui : par la suite, on se réapproprie son organe. Mais la date anniversaire de mon opération reste importante, je la considère comme une seconde naissance.
Ma mère disait souvent :''Je donnerais mes yeux pour toi'' Je pensais qu'elle était folle de dire un truc pareil. Si je n'avais pas traversé moi-même cette expérience, je ne sais pas qu'elle serait ma position sur le don d'organes. Je n'accuse pas ceux qui sont contre. En revanche, on ne peut pas être CONTRE le don d'organes et POUR les greffees : DONNER ET RECEVOIR VONT DE PAIR.....''